Perspectives

Bill Gates veut réserver des emplois aux humains et taxer l’IA : que vaut la proposition ?

Dans un essai publié le 26 août 2026, puis sur CNN le 11 octobre, le cofondateur de Microsoft appelle à protéger une part du travail humain et à taxer l’IA et les robots. Ses propositions, et les questions qu’elles ouvrent.

Par Sylvain Marsol · Publié le 24 octobre 2026

Une prise de position à débattreFaut-il choisir les métiers que l’on confie aux machines ? Qui paierait la transition ? Bill Gates pose des questions que l’école, l’entreprise et l’État devront trancher.

Extrait de l’entretien avec Jake Tapper, émission State of the Union (CNN), 11 octobre 2026, 1 min 18, en anglais. Bill Gates y explique que la société devra décider comment taxer l’IA et quels emplois garder pour les humains.

Trois propositions

  1. Des emplois « réservés aux humains ». Des tâches qu’une machine pourrait accomplir mais que la société choisirait de confier à des personnes, sur le modèle d’une réserve naturelle : le soin, l’accompagnement psychologique, l’annonce d’un diagnostic grave.
  2. Une taxe sur l’IA et les robots. Un salarié génère des cotisations, un robot est une dépense déductible : Gates veut corriger cet écart en taxant l’usage de l’IA et les robots, pour financer la reconversion et la protection sociale.
  3. De nouvelles institutions, nationales et internationales, pour organiser la transition.

Les questions en débat

  1. Qui décide des métiers « réservés » ? Le législateur, les branches professionnelles, les usagers ? Et selon quels critères : la relation humaine, la responsabilité, la confiance ?
  2. Que faut-il taxer ? Oren Etzioni, professeur à l’université de Washington, juge défendable une taxe sur les robots qui remplacent des salariés, mais doute d’une taxe sur l’usage de l’IA, qui ne mesure pas les emplois supprimés. En France, l’idée d’une taxe sur les robots avait déjà animé la présidentielle de 2017.
  3. À quel rythme ? Les données françaises montrent aujourd’hui surtout une transformation des tâches (voir notre dossier IA et emploi en France). Faut-il préparer ces règles dès maintenant, ou attendre des effets mesurés ?

Et dans l’enseignement ? Accompagner un élève, évaluer, annoncer une orientation difficile : la question des tâches à garder humaines se pose déjà aux équipes pédagogiques. Elle mérite d’être discutée avant d’être tranchée par les outils.

Sources

Publications similaires